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 le grand pas de deux - mercredi 22 février, 09h06

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Syssoï



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MessageSujet: le grand pas de deux - mercredi 22 février, 09h06   Lun 20 Fév - 2:33

OONA

Mon fief. C’est ainsi que je considère la salle de sport, à présent. Les candidats, pseudo-sportifs en début d’aventure, ont eu tôt fait de déserter les lieux au profit de leurs lit où ils cuvent, chaque matin, leurs égarements de la veille au soir. C’est pas mon cas. Oh, bien sûr, je bois autant qu’eux, mais à croire que je tiens mieux l’alcool, je ne manque jamais le rendez-vous de la salle de sport. Peut être aussi parce que ma discipline a fait du sport une drogue dure dont le sevrage est impossible. Tout le monde dort encore lorsque les premiers symptômes du manque se font sentir. Je sais pas trop quelle heure il est, mais il doit être tôt. J’ai retrouvé mon lit, celui que je partage avec Gaby, mais cette dernière est malade depuis plusieurs jours, et mes nuits se résument à l’entendre gémir dans son sommeil agité, et l’observer se lever en trombe pour rejoindre la salle de bain. Le médecin m’a conseillé de ne pas dormir avec elle, sachant qu’elle pouvait être contagieuse, mais j’m’en fous, je sais que celui qui a le plus à craindre, c’est Caesar, c’est lui qui a partagé son lit durant toute la période de contagion intense. Cette idée me fait sourire. Sourire que je perds en observant le teint pâle de la jeune femme lorsqu’elle se tourne vers moi dans son sommeil. Je me promets de repasser plus tard, pour lui apporter un petit dej consistant, afin qu’elle reprenne des forces. Mais pour l’instant, je dois vraiment répondre à ce manque qui se répand en moi. Je récupère mes affaires de sport, qui traine toujours à portée de main, comme un paquet de clopes chez un gros fumeur, et m’empresse de rejoindre mon fief. La porte est entrouverte, ce qui est étonnant à cette heure, et de la musique s’en échappe. Curieux, je jette un oeil discret par l'entrebâillement, et ne découvre qu’un pan de salle désert. J’élargie l’embrasure, en priant pour que la porte ne grince pas, et découvre un spectacle que je ne pensais pas possible dans ce nid. J’ai l’impression d’être chez moi. J’ai l’impression d’être à Paris, sous les toits de l’imposante coupole, j’ai l’impression de retrouver un peu ma maison. Une danseuse en pleine action, une danseuse qui virevolte avec grâce malgré quelques erreurs que je note à peine. J’avais presque oublié qu’Oona était danseuse, tant notre précédente rencontre n’avait rien de mémorable. Là, en cet instant, elle s’impose à moi. Tant et si bien, que je me glisse dans la salle, referme la porte derrière moi, et sans un bruit m’adosse au mur pour assister au reste de son entrainement. Je ne sais pas combien de temps ça dure, mais j’estime que c’est trop court, lorsqu’elle s’immobilise. Je me sens con maintenant. Je me sens dans la peau d’un voyeur, d’un de ceux que je ne supporte pas. Alors, avant qu’elle ne remarque ma présence, je me racle la gorge en avançant vers le milieu de la pièce, mes affaires sous le bras. « Je peux ? » je lui demande, comme si elle pouvait voir un inconvénient à partager la pièce avec moi, à partager son entrainement avec moi.

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MessageSujet: Re: le grand pas de deux - mercredi 22 février, 09h06   Lun 20 Fév - 17:55

Le château était plutôt calme. Normal, quand il est près de six heures du matin, quoique certains irréductibles ne se soient toujours pas couchés. Quant à moi, je me levais très facilement de mon lit, plutôt en forme. Depuis mon élimination et mon sauvetage express, bien que cela remonte déjà à deux semaines, je profitais de quelques manières que ce soit de mon séjour dans le nid de Cupidon, que ce soit en dansant à sept heures du matin ou en buvant à neuf heures du soir. Dans le noir total de la chambre et, dans le calme presque olympien, j’avais enfilé une paire de collant blanc, sous un short que j’enfilais ensuite. En sortant de la chambre, j’avais fini de m’habiller, en passant un débardeur et en attachant mes cheveux en un chignon strict, caractéristique des danseuses. Mes ballerines aux pieds, je descendais lentement les escaliers, pour rejoindre la cuisine. Evidemment, quand j’ouvris la porte du frigo, la bouteille de jus d’orange vide n’avait toujours pas été remplacée. J’allais dans le cellier pour le faire. Des enceintes trônaient sur une petite étagère. La production était vraiment remarquable, à moins qu’elle n’ait placé ça là que par hasard. Pas vraiment, puisqu’à côté de celles-ci se trouvaient un petit lecteur de musique. La production savait que j’allais danser. Je pris le lecteur dans ma main et les enceintes sous le bras, abandonnant le jus d’orange, pour foncer vers un endroit plus approprié.
La salle de sport m’appartenait depuis environs deux heures. Durant ces deux heures, je m’étais senti comme un poisson dans l’eau. Mieux encore, comme sur un petit nuage. Un sentiment indescriptible pour tous les étrangers à la danse, comme à chaque fois que je passe mes pointes. Et ça faisait bien une semaine que je ne les avais pas enfilés. Me sachant seule, j’avais pris toutes mes aises. La porte était restée un peu ouverte et la musique classique du lecteur raisonnait dans la pièce, peut-être un peu trop fort, mais personne ne s’en était plaint après tout. Successivement, j’avais enchaîné une série d’échauffements, d’exercices classiques et en tous genres et à présent, je m’attaquais aux musiques plus complexes défilant dans les enceintes. Je ne les maîtrisais pas toutes ; certaines presque à la perfection, pour d’autres c’était le contraire. Ca me semblait bien dérisoire, quand l’un de mes morceaux, voir le morceau que je préférais débuta. La variation d'Esmeralda. Sur le coup, j’en étais tout de même troublé de voir que la production avait pensé à ça, mais peu importe, j’exécutais, sans trop me poser de question, les pas venant du ballet du Bolchoï, que j’avais tant répété. J’étais moins parfaite que Natalia Osipova, malgré le temps que je passais à la faire, mais je prenais tout autant de plaisir qu’elle, à le danser. Totalement concentrée, presque dans une transe ; dans mon monde, je n’entendais rien autour de moi et ne voyais rien. Je ne faisais que vivre la musique qui découlait des enceintes. J’étais même à la limite de perdre mes repères et revenir en arrière, sur une magnifique scène. Presque yeux fermés, j’exécutais les pas sans réfléchir. Malheureusement, la musique ne dure pas une éternité et une fois celle-ci terminée et par la même occasion, le lecteur entier, j’entendis un bruit derrière mon dos. Je relevais la tête, pour regarder à travers le miroir. « Je peux ? » Syssoï. Je le regardais un moment, esquissant un sourire en demi-teinte. Contrairement à lui, je ne voyais aucune objection à partager l’espace de danse. « Avec plaisir, fait comme chez toi. » Lui répondais-je, simplement, me tournant cette fois vers lui et lui faisant un geste de la main pour l’inviter à me rejoindre. Après tout, le château et ses nombreuses pièces nous appartenaient à tous. Je me tournais de nouveau vers le miroir, replaçant mes vêtements. « La prod’ m’a même fait une playlist… si tu veux mettre un morceau…» Finissais-je, en pointant les enceintes à terre.
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MessageSujet: Re: le grand pas de deux - mercredi 22 février, 09h06   Lun 20 Fév - 20:18

J’ai du mal à partager mon espace de danse. Ce n’est pas quelque chose d’exceptionnel ayant trait à la présence de dizaines d’étrangers dans ce nid, ça a toujours été ainsi. Même à l’Opéra. Surtout à l’Opéra où je préfère travailler seul dans mon coin et n’offrir qu’une seule répétition en duo à ma partenaire. Au sein du ballet, personne n’aime travailler avec moi, mais ils font avec, parce que je suis ce que je suis, et que danser avec moi c’est le passage obligatoire pour toute étoile un tant soit peu brillante. On m’appelle «l’autoroute des étoiles», ce n’est pas très flatteur, mais c’est une réalité. Danser avec moi, c’est comme passer en prime-time dans une émission de télé-crochet après des mois de galère à chantonner dans le métro parisien. J’ai d’ailleurs dansé avec Natalia Osipova. Don Quichotte, mai 2011, au Palais Garnier. On a fait salle comble tous les soirs. Je pense à elle à cause d’Oona qui, dans son interprétation d’Esmeralda, ma rappelé la danseuse du Bolchoï. Et rien que ça, c’est un compliment envers Oona. Toutefois, je ne dis rien. Le simple fait que je sois là, que je signale ma présence et que je demande l’autorisation d’entrer est signe significatif de mon changement de perception vis à vis d’elle, et quelque chose me dit qu’elle en a totalement conscience. Elle m’invite à me joindre à elle, d’un signe de main, me désignant la vaste salle comme s’il s’agissait de mon royaume. C’est presque ça. J’ébauche un maigre sourire, tandis qu’elle m’explique que la Prod lui a fourni une playlist. J’ai bien mon Pod dans ma poche, mais un peu de sang frais ne peut pas faire de mal. Je prends la direction qu’elle m’indique, et me laisse choir au sol, face aux enceintes. Je soulève le lecteur et le retourne entre mes mains pour en comprendre le fonctionnement. Ça date de l’ère Jurassique, ce truc, ou quoi ? Je fronce les sourcils, puis appuie sur un bouton au pif. La musique démarre, finalement c’est pas si con que ça le hasard. Je passe à la suivante, puis à la suivante, puis à la suivante... Rien ne m’inspire. Jusqu’à... Gioachino Rossini. Ça éveille un souvenir en moi, le souvenir de l’émerveillement, du sourire et de l’envie. Je me souviens de cette représentation à laquelle j’ai assisté à Paris, au Théâtre des Champs Elysées... Le Ballet de Stuttgart... Je me tourne vers Oona qui gigote encore sans prêter attention à moi, puis reporte mon attention sur le lecteur. Une idée surgit... «Oona !» J’ai parlé plus fort que je ne l’aurais souhaité, plus brutalement aussi, tandis que je me relève d’un mouvement preste et brusque. «Le grand pas de deux, ça te parle ?» La musique joue toujours, les notes de Rossini emplissent la vaste pièce. J’ai l’impression que ça fait un siècle que je n’ai pas dansé, enfin pas vraiment dansé, autrement que pour faire une démonstration à Gabrielle ou pour me dévoiler à Moore. J’ai besoin de danser, j’ai besoin d’une partenaire, j’ai... Bah oui. J’ai besoin d’Oona.

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MessageSujet: Re: le grand pas de deux - mercredi 22 février, 09h06   Lun 20 Fév - 23:10

Entre le plaisir et la déception, j’accueillais l’arrivée de Syssoï avec un léger sourire. J’étais en train de danser, tranquillement, sans rien demander à personne et le voilà qu’il débarquait. Dieu seul sait depuis combien de temps il m’avait vu, sûrement plus que moi l’autre fois, des semaines plus tôt. Pourtant, je le traitais convenablement, avec tout de même une pointe de crainte : recevoir de nouveau des critiques de sa part. D’où mon regard insistant sur lui et cependant, j’avais déjà une autre perception de lui. Il ne s’imposait pas directement et souhaitait partager le miroir avec moi. Peu m’importait, tant qu’il n’empiétait pas sur mon espace vital et qu’il me respectait, ça m’allait totalement. Lui montrant le lecteur, je lui laissais le choix de la musique d’accompagnement de mes arabesques, que je reprenais sans faire attention à lui. Je jetais tout de même quelques coups d’œil vers lui, écoutant en même temps les musiques défilant à nos oreilles, sans interruption. Jusqu’à ce qu’un air reste plus longtemps. Il avait fait son choix et chacun allait s’occuper de son côté. C’est ce à quoi je m’attendais en fait. Il avait fait un pas en avant en acceptant de danser en ma présence, j’allais faire un pas, moi aussi, en ne m’occupant de lui. L’air de Rossini emplissait la pièce, me décrochant un sourire en coin. Je n’avais jamais réellement dansé le grand pas de deux, je veux dire, je n’ai toujours dansé que les petites parties seules, jamais avec un partenaire et jamais en public. Ce plaisir était toujours octroyé à une autre danseuse, dite Moïra, la meilleure de la compagnie… tu parles. Cette pensée me fit rouler des yeux et me fit faire une petite grimace, alors que je reprenais des pas, n’ayant rien à voir avec ceux de Christian Spuck. «Oona !» M’apprêtant à faire un piqué tourné, je faillis me casser la figure en voulant m’arrêter dans mon élan. La voix de Syssoï et sa façon de m’interpeller m’avait étonné et même plus que ça ; je croyais avoir fait une bêtise ou quelque chose de ce genre. Je l’avais sûrement exaspéré avec mes pas classique et il voulait me corriger immédiatement ? Je me retournais vers lui, les mains sur les hanches et un sourcil relevé, assez explicite pour savoir que je me demandais ce qu’il me voulait bien. «Le grand pas de deux, ça te parle ?» Sur le coup, je fronçais les sourcils, mais la sorte d’enthousiasme qui venait d’animer son corps et sa voix, me décrocha un sourire. Je m’éloignais un peu du miroir près duquel je me tenais et une fois au milieu de la pièce, j’exécutais un petit enchaînement de la chorégraphie du ballet de Stuttgart. Après une dernière pirouette, je m’arrêtais face à lui. « Et comment ! » lui répondais-je, avec un sourire en coin et une voix légèrement amusé. Je posais mes mains dans mon dos, qui était bien droit et je le regardais d’un amusé. « Ne me dit pas, que tu aimerais m’avoir comme partenaire ? » Je disais cela, mais je serais bien la première étonnée s’il me répondait oui. Cette fois, je me disais que j’allais bien paraître novice à côté de lui, surtout ne maîtrisant pas toute les figures de l’enchaînement. Mais il m’en faudrait bien plus pour me démonter et surtout devant lui.
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MessageSujet: Re: le grand pas de deux - mercredi 22 février, 09h06   Mar 21 Fév - 0:26

«Veux-tu bien cesser de te montrer désobligeante chaque fois que je m’adresse à toi, je te prie ?» Mon ton est bourru, ma mine renfrognée, et mes sourcils forment une ligne sombre au-dessus de mes cils. J’ai perdu ma bonne humeur en quinze secondes, pour retrouver mon attitude d’ours mal léché, comme dirait Gabrielle. Mais c’est plus fort que moi, c’est une des caractéristiques de mon être. Je ne fais pas ça en signe d’agression, mais plutôt en guise de défense. Témoigner de mon besoin d’une partenaire dénote une certaine faiblesse chez moi, comme si mon isolement ne me satisfaisait plus. Alors quand Oona pointe du doigt cette même faiblesse avec amusement, j’ai juste envie de grogner et de retourner me terrer dans ma grotte. N’est-elle pas capable de noter mon effort certain et ne pas le mettre en lumière pour insister sur mon manque de constance ? Je l’ai observé interpréter quelques pas du Grand Pas de Deux, je sais qu’elle en est capable, je sais qu’elle pourrait être la solution à mon ennui mortel en ces lieux, sans intérêt, sans défis... niveau danse, j’entends. J’ai besoin de ça pour vivre. Mais mon sale caractère est tout à fait capable de me pousser à lui répondre «non» juste par fierté personnelle, juste parce qu’elle ne sait pas y faire avec moi. La faute à Moore et Sixtine, elles ont rendu possible l’impossible à mes yeux, elles m’ont prouvé que j’avais bien été livré avec un mode d’emploi et que ce mode d’emploi, selon toute vraisemblance, pouvait être décodé et traduit sans l’aide d’une Enigma dernière génération. « Ca te tente, ou pas ? » je m’entends grogner tout de même, en enfonçant les mains dans mes poches, tandis que mes sourcils refusent de se défroisser. J’ai pas dit que je la voulais effectivement comme partenaire, mais c’est tout comme. Je lui coule un regard par en-dessous, comme un gamin anxieux fasse à la première fille à qui il demande de sortir avec lui. Enfin, j’imagine, puisque ça ne m’est jamais arrivé. « Il ne s’agit pas que de la danse... » Je poursuis en allégeant le timbre de ma voix. Mes humeurs sont passagères, et présentes seulement lorsque je me sens jugé. « ... Il y a beaucoup de comédie dans cette chorégraphie. » Elle la connait, c’est une évidence, mais je me sens tout de même obligé de préciser. « ... J’ai besoin d’un challenge. » j’ajoute en frottant une tâche imaginaire au sol de la pointe de mon pied. J’ai vraiment l’impression d’être un grand con incapable de s’exprimer correctement. « Et puis ça te va bien. Enfin je trouve que ça te va bien. » C’est surtout à nous que ça va bien. La danseuse-chieuse et le danseur-pro. Evidemment, j’imagine qu’elle a conscience du détail qui a son importance : c’est la ballerine qui est mise en évidence dans cette chorégraphie, le danseur ne fait office que de faire valoir. En réussissant l’exploit de ce pas de deux avec moi, elle est assurée d’une vidéo accusant plusieurs centaines de milliers de vues sur Youtube, et tout ce que ça implique comme conséquences directes ou indirectes sur sa carrière.

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Dernière édition par Syssoï le Mar 21 Fév - 23:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: le grand pas de deux - mercredi 22 février, 09h06   Mar 21 Fév - 15:17

«Veux-tu bien cesser de te montrer désobligeante chaque fois que je m’adresse à toi, je te prie ?» J’écarquillais les yeux. « Mais je t’ai rien dis ! » En quoi j’avais été désobligeante envers lui ? Ma question n’avait nullement pour but de l’attaquer ou de me moquer. C’est carrément tout le contraire. Pour une fois. J’avais simplement envisagé l’idée que je pourrais être sa partenaire pour quelques minutes et cette perspective m’étonnait grandement. Le grand pas de deux se danse à deux tout de même. Je ne me m’amusais pas à le piquer à cet instant et j’avais bien noté le grand effort qu’il faisait. Ce Syssoï n’avait rien à voir avec celui de la dernière fois, pour l’instant… « Ca te tente, ou pas ? » Je lui adressais un léger sourire, faisant mine de réfléchir, mais c’était déjà tout réfléchi. « Oui. » Lui répondais-je simplement. Oui ça me tentait carrément, il n’y avait aucuns doutes à avoir. Il était bien trop fier pour me poser directement, mais j’acceptais d’être sa partenaire. « ... Il y a beaucoup de comédie dans cette chorégraphie. » J’eu un sourire un peu plus franc. C’était bien la raison numéro un qui me faisait aimer cette chorégraphie. En quelques sortes, la comédie décoince, un peu, les aprioris trop nombreux autour de la danse classique. « Je sais. J’adore la comédie ! » J’avais beau être un peu trop renfermé sur moi-même en public, la danse était une très grande expression. M’exprimer avec mon corps et avec la comédie, je savais le faire. Parler devant des tonnes de gens, ça non. « ... J’ai besoin d’un challenge. » Continuait-il. Ca tombait bien, moi aussi j’en avais bien besoin. Quoique dans ce cas, il s’agirait même de deux challenges. Danser une chorégraphie que je n’avais jamais réellement exécutée et qui plus est, avec une étoile. J’acquiesçais avec une petite moue. « Et puis ça te va bien. Enfin je trouve que ça te va bien. » Je lâchais un rire, fronçant un peu mes sourcils. « Je sais pas si je dois prendre ça comme un compliment… mais je faire comme si c’en était un ! » Cette fois-ci, je rigolais réellement. Danser un tel ballet, aussi comique soit il, c’était réellement une opportunité à saisir et rapidement. Alors prendre le rôle d’une ballerine complètement empotée ne me dérangeait pas du tout. Ca me faisait marrer même. « Par contre, je t’avouerais quand même quelque chose, je ne l'ai jamais réellement dansé ! » Oui, je fais un pas en avant encore une fois. Je ne voulais tout de même pas le prendre par surprise et le mettre durant le fait accompli. Si on pouvait aussi éviter une malheureuse blessure, ce serait encore mieux. « Je ne maîtrise pas les portés ! » Finissais-je par lui dire, avec une moue gênée.
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MessageSujet: Re: le grand pas de deux - mercredi 22 février, 09h06   Mer 22 Fév - 0:35

Cette chorégraphie est particulière, puisqu’elle n’est pas dans la démonstration technique, bien que la technique soit impressionnante ici aussi, mais surtout dans la dénonciation d’idées reçues et de clichés sur la danse classique. Et c’est ce côté atypique qui m’a séduit immédiatement, dès que mes yeux pro se sont posés pour la première fois sur ces pas d’une hilarité à peine contenue. J’avais envie d’être le concepteur de cette chorégraphie, je crevais de jalousie qu’un autre que moi ait pu avoir cette idée totalement délirante. Mais je ne suis pas chorégraphe, c’est pas mon boulot de penser et d’inventer, mon boulot c’est de me contenter de suivre les directives, ce que mon cerveau a un peu de mal à encaisser. Alors, inutile de préciser que j’avais toujours souhaité interpréter et m’approprier cette chorégraphie, sans en avoir jamais l’occasion si ce n’est pas pur plaisir et loisir. Et puisque mes plaisirs et mes loisirs se font dans l’isolement le plus strict, il est également inutile de préciser que je n’ai jamais eu l’occasion de réellement danser cette chorégraphie puisqu’elle se fait à deux. Et puisque dans «deux» il y a un +1 en plus de moi, forcément, ça coince. L’occasion est trop belle, une danseuse coincée avec moi, une danseuse qui ne demande que ça, de danser avec moi. Sauf que je suis pas censé faire ça, et que je ne sais même pas comment on fait ça. Comment est-ce qu’on propose à quelqu’un de danser avec soi, quand on a passé la moitié de sa vie dans la position de celui qui n’a jamais à le faire tant tout le monde se prosterne à mes pieds meurtris en permanence ? Je m’y prends mal, je le sais, et je prends mal sa réaction amusée aussi, parce que j’ai l’impression, paranoïaque, qu’elle se moque de mon incapacité à être quelqu’un de normal. Je m’énerve, et note l’incompréhension de son regard, alors je me calme aussi sec, et gratte le sol comme un enfant coupable. Elle est tellement enthousiaste que j’en retrouve ma pseudo-assurance. Elle adore la comédie mais se sont les passages dansés qui l’inquiète, je le vois. Elle rit à ma remarque sur le fait que cette chorégraphie lui va bien, puis me donne raisons sur mes impressions, elle appréhende les pas et les portés. J’hausse les épaules. «Les portés c’est mon problème.» Après tout, c’est moi qui devrait la soulever au bon moment et durant le temps impartit, elle n’aura qu’à suivre la mesure et les pas. Je ne prétends pas que son job est simple, mais bien dirigé elle n’aura aucun mal à les exécuter. J’ai déjà les deux mains au fond de mon sac, fouillant, dérangeant, extirpant du bordel de ce gros bordel afin de mettre la main sur l’objet de ma convoitise. Dans mon dos, la musique se poursuit, et je l’arrête brusquement de la pointe de mon pied lorsque mes doigts se referment sur le rectangle vert fluo qui ne ma quitte presque jamais. Je me redresse, et d’un signe de tête l’invite à se rapprocher. «T’as les pas en tête ?» Dans ma main, mon pod, et mon pouce qui tourne à la recherche de cette vidéo archivée. Je me laisse tomber au sol, et lorsque la miss se trouve à ma hauteur, lui attrape le poignet pour la tirer sans ménagement, d’un coup sec, jusqu’à moi. Mon pouce fini par appuyer sur lecture, et la vidéo se lance. L’écran placé entre nous est d’une taille ridicule, mais ça nous suffit à appréhender les pas, et nous remémorer ceux qu’on avait oublié. Enfin, j’espère.

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MessageSujet: Re: le grand pas de deux - mercredi 22 février, 09h06   Jeu 23 Fév - 11:16

«Les portés c’est mon problème.» Je regardais le sol, un peu gênée. Celui qui faisait le plus d’effort dans ce genre d’exercice, c’était lui évidemment, mais je n’avais pas envie de mal me placer. C’est peut-être son problème, mais c’est un peu le mien aussi, par procuration. Malgré ça, je me sentais prête à relever le défi qu’est de danser en sa compagnie. Etoile ou non, avec ou sans lacunes, j’allais gérer cette danse. Je rejoignais Syssoï, quand celui-ci me fit signe, remontant bien mon short d’un air décidé. «T’as les pas en tête ?» « Ouai ! » À part pour les portés, je connaissais les pas comme si je la dansais depuis des années. J’observais ses mains jouer sur son I-Pod, à la recherche de musique et me laissais entraîner au sol, sans ménagement, me retrouvant ainsi collé à lui. C’était mieux ainsi, pour pouvoir voir quelque chose sur son minuscule appareil, de la chorégraphie de Christian Spuck. Pour chaque porté, je rapprochais mon visage pour mieux voir, n’hésitant pas à faire revenir la vidéo en arrière pour le revoir une deuxième fois. Ce n’était pas une mauvaise idée de remettre une fois la vidéo avant de s’exécuter en musique. Quand la vidéo fut finie, je me relevais du sol. Je lui proposais mon aide en lui tendant ma main, avant de frotter mes fesses. Je ne savais si notre danse allait intéresser la production ou si elle allait passer inaperçue, en tout cas je me sentais d’attaque à danser. « Attends ! » Lâchais-je, après une petite réflexion de quelques secondes. Je quittais la salle de sport à vive allure, trottinant dans les couloirs et les escaliers pour rejoindre la chambre truc-bidule-machin-chose. Après quelques secondes de recherche, j’en ressortais avec un sac et un sourire victorieux. Toujours à toute vitesse, j’allais en contre sens, pour rejoindre Syssoï dans la salle de sport, face au miroir. « C’est qu’un accessoire, mais il faut que ce soit parfait ! » Le sac n’était pas rouge, mais c’était tout de même un sac, appartenant à je-ne-sais-qui. Par contre, je n’avais pas de lunette à portée de main, je m’en passerai. Je le tenais dans mes mains, comme le faisait la talentueuse ballerine de la vidéo, Alicia Amatriain. « Je suis prête, c’est quand tu veux ! » Je lui lançais un dernier sourire, avant de prendre l’expression de cette danseuse nouille, les épaule en avant et me tournant, dos au miroir. La musique débuta ; Syssoï s’installa à côté de moi, nous pouvions commencer. L’un après l’autre, mes pieds enchaînèrent les premiers pas, ma main gauche se logeant dans la sienne, pour se quitter un instant après, puis, nos mouvements devinrent synchrones et symétrique, le sac toujours dans ma main. Nous nous croisâmes, pour arriver à un premier porté – et pas le dernier – que je redoutais, mais l’inquiétude qui s’était lu sur mon visage plus tôt, disparaissait au fur et à mesure de la musique. Après un petit saut, je sentis les mains de Syssoï se refermer sur mes hanches, me levant et me reposant aussi rapidement que la mesure nous en laissait le temps. Mes pieds décollant du sol, j’effectuais mon vrai premier porté et qui plus est avec un très grand professionnel, ce qui me donna plus de confiance pour le reste. Je lâchais le sac à main, me laissant faire un demi-tour pour repartir au centre de la pièce. La musique s’accéléra sur quelques instants, pour laisser place au vrai premier moment de comédie. Je sentais que Syssoï allait profiter au maximum de ces moments, me tirant le bras pour me faire revenir à ma place. Je fis semblant de presque me casser la figure, lui lançant un regard noir, puis je pris place devant lui. C’est à ce moment même que je me rendais bien compte qu’au-delà du faite que ce soit la femme, le personnage principal, c’est aussi elle qui devait briller pour livrer au spectateur un pas de deux réussi. Danser quelques parties seule, ou regarder la vidéo sur un minuscule appareil ne m’avait pas réellement donné cette sensation. Je me devais d’être à sa hauteur, sous peine de tout gâcher. Les pas s’enchaînèrent toujours, les uns à la suite des autres. Je me sentais en confiance, n’ayant, pour l’instant, raté aucun de ces enchaînements. Nous nous tamponnèrent, puis nous nous rejoignirent un peu plus loin. Toujours entre ses mains, j’exécutais une pirouette, pour rester quelques secondes sur la pointe. Je sentis ma cheville trembler, mais ma concentration était telle que cela ne se vit presque pas. Un deuxième porté arriva. Faisant totalement confiance à Syssoï, je le laissais me soulever de nouveau dans le vide, mon corps allant vers le bas. L’adrénaline de la danse commençait enfin à monter…
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MessageSujet: Re: le grand pas de deux - mercredi 22 février, 09h06   Jeu 23 Fév - 22:29

Je l’observe s’éloigner après le visionnage de la vidéo, et l’espace d’un instant je me demande si je vais la revoir un jour ou bien si elle a décidé de se rendre aux grilles du château pour les secouer jusqu’à ce qu’on l’autorise à sortir de là, de peur de rester coincée avec un dangereux psychopathe de la danse prêt à lui tordre tous les membres en l’obligeant à exécuter une chorégraphie pour contorsionnistes de cinquième degré. Mais je passe rapidement mon cerveau en mode off, et me repasse la vidéo une deuxième fois. Oona avait l’air de l’avoir tellement en tête, que j’ai presque honte d’avouer que je n’en ai une connaissance qu’approximative. Vaut mieux que je taise ce détail, sinon elle va craindre pour sa sécurité quand il me faudra l’envoyer valdinguer dans les airs. T’inquiète, cocotte, je gère. Elle revient rapidement, un sac à la main, et je ne peux réfréner un sourire. Le soucis du détail. J’aime ça. Elle est même essoufflée, preuve qu’elle s’est magnée le cul pour me rejoindre. Ça aussi, j’aime. Je la laisse se mettre en place, et observe la métamorphose s’opérer. Épaules voutées, tête baissée, sourire en berne. Voilà, elle est dans le personnage. Je viens me placer juste à côté d’elle, dans l’exacte attitude qu’on attend d’un danseur, dos bien droit, tête haute, sourire hautain, cul serré -toujours cul serré, toujours-, bras tendus et paume ouverte vers elle. Elle m’observe à son tour, parfaite comédienne, hésite, puis la musique démarre, elle s’empare de ma main, et les choses sérieuses commencent. Entre-chat, pirouettes, arabesques, dégagés, grands battements. On se croise, je me baisse, j’évite son sac dans la gueule. Puis premier porté, celui qu’elle appréhende et qui se lit dans son regard. Je la soulève juste à temps, elle accompli magnifiquement son grand écart, et je la repose au sol. Quelque piqués, puis la partie de réelle comédie débute. Oui, je prends plaisir à la trainer par le bras pour l’envoyer de l’autre côté de moi en titubant. Mais je prendrais encore plus de plaisir à la trainer au sol, tout à l’heure. On enchaine quelques pas, notre synchronicité n’est pas parfaite, mais c’est normal pour une première fois. On se rentre dedans, c’est prévu. Une pirouette fouettée, durant laquelle je la fais tourner, puis je l’abandonne, là, sur une seule pointe, quelques secondes qui doivent lui paraître une éternité. C’est difficile, douloureux, et absolument pas à la portée de la première connasse venue. Je note son équilibre parfait et sa résistance à la douleur. Je savoure. Deuxième porté, je l’attrape par l’entrejambe avant de la soulever. Si je la lâche, elle se fracasse la tête parterre, sans aucun moyen de se rattraper. Evidemment, je ne la lâche pas, mais sa confiance en moi m’épate. Quelques pirouettes, sissone, sissone, saut de chat, et tour en l’air. Il a beau s’agir d’une parodie, la difficulté technique est réelle, plus encore que dans une chorégraphie technique. Et troisième porté, à la limite de la comédie de boulevard, je la soulève à l’arrache, une arrache millimétrée, puis je la tire vers l’avant de la «scène». On enchaine avec un pas swingué version ‘manche à balais dans le derrière’, puis le calme revient, et mademoiselle retourne récupérer son sac au sol. Elle revient vers moi, se fourre l'hanse dans la bouche, et enchaine plusieurs grands battements qu’elle exécute avec une facilité déconcertante, avant de me tourner autour en soulevant un tutu invisible. On tourne, on tourne, on tourne, on se rejoint, se rattrape, on avance jusqu’au mur de glace, on se sépare, chacun d’un côté, on ondule du bassin, puis je me laisse aller au seul passage où le danseur sert réellement à autre chose qu’à soutenir la danseuse. J’exécute un saut en grand écart qui me ramène de l’autre côté de la pièce, puis une deuxième fois en sens inverse. On se retrouve. Nouveau porté, parfaitement exécuté. Grands battements tournoyants, puis pirouette fouettée où je suis censé lui faire perdre l’équilibre. Mais j’y vais doucement, ce n’est que notre premier entrainement. On se sépare, et un sourire sadique s’affiche d’avance sur mes lèvres. Elle me rejoins, attrape ma main, pose sa jambe en pointe sur mon bras. Je tourne, attrape sa cheville d’une main, et tourne, tourne, tourne, la jeune danseuse suspendue au-dessus du sol par sa cheville et son poignet. Elle hurle. Ça fait partie de la chorégraphie, mais finalement peut être a-t-elle réellement peur. Je la repose au sol, sur le ventre, pattes en l’air, tandis qu’elle continue de tourner. La danseuse à terre, j’en profite pour «épater» la galerie avec quelques tour en l’air et grand jeté. Mon rôle me pousse à m’inquiéter de l’absence de ma partenaire censée dépasser à peine des coulisses. Je joue le jeu, je m’inquiète, je la repère, je vais la chercher, et je la traine par la cheville sur le sol, jusqu’au point central de la salle. Elle s’arqueboute, puis se redresse, elle finit en pointe, et moi en position du penseur de Rodin. Et la chorégraphie s’enchaine... On avance en arabesque simple, elle me tire par la cheville, me passe devant. J’ai du mal à résister au rire qui gonfle de ma gorge. Finalement, je ne résiste pas, et je poursuis ma danse à travers ce rire qui attendait depuis trop longtemps.

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MessageSujet: Re: le grand pas de deux - mercredi 22 février, 09h06   Ven 24 Fév - 23:17

Les pas s’enchaînèrent, à la fois si lentement, me laissant le temps de les exécuter avec précision, mais si rapidement, ne me laissant pas le temps d’en profiter. J’avais l’impression d’avoir dansé une minutes même pas, alors que nous étions bien avancer dans notre danse. Le sac à main de nouveau en ma possession, je reprenais mes mimiques du début, mon dos vouté, pour rejoindre Syssoï au milieu de notre scène imaginaire. Il ne me semblait pas être extraordinaire à côté de lui, pourtant, je prenais confiance petit à petit. En moi, mais aussi en lui. J’ouvrais les yeux sur le fait que j’en avais de la chance, de danser avec lui, regrettant presque mes mots de la dernière fois. Une nouvelle fois séparé, mon sac en main, j’effectuais les petits sauts qui me font normalement marrer, mais je me retenais, me contentant de m’en tenir au pas, tout comme pour le reste d’ailleurs. Je m’étonnais de ma déconcertante facilité à me laisser porter, n’ayant jamais fais réellement ça avant. Syssoï me portrait comme une plume et me reposait comme ci de rien était, puis il me fit tourner, encore et encore. Trop gentil, il ne le fit pas autant que dans la vraie chorégraphie, mais je feignais tout de même le « malaise », me laissant pousser. Le moment que je redoutais le plus arrivait. Cette fameuse scène, à mon sens la plus marrante à voir, mais aussi la plus compliqué à exécuter. Je n’osais l’avouer à voix haute, mais elle me faisait rudement peur. Confiance ou pas en lui, son sourire sadique ne manquait pas de me faire flipper un tout petit peu plus. J’attrapais sa main fermement, hésitant quelques secondes en posant mon pied sur son bras. Finalement, je n’avais pas trop le temps de penser à ce qui allait se passer, puisqu’il me fit tourner. Quelle sensation de se retrouver ainsi, soulevée de terre, simplement retenu par Syssoï, au niveau de mon pied et de mon poignet. Il suffisait de peu, qu’il me lâche et je ne savais pas comment ça pouvait se terminer. Je me mis à crier comme dans la vraie chorégraphie, un peu de peur, je l’avoue ! Puis je me retrouve à tourner au sol, comme une toupie, ce qui me fit légèrement sourire. Pour finir par m’échapper à quatre pattes, à l’autre bout de la salle. Je profitais du miroir pour pouvoir le « solo » de Syssoï. Puis le reste passe vite, je me retrouve debout. Le rire de Syssoï parvint à mes oreilles. Normalement, j’étais très difficilement déconcentrable durant une danse, mais cette fois c’était différent. Je tournais la tête vers lui, un sourire amusé sur les lèvres. Cette danse plus technique encore qu’hilarante, devenait un vrai jeu. Le caractère humoristique commençait à s’accélérer. Je m’éloignais de lui après une pirouette, faisant ma belle aguicheuse, très vite reprise par le bruit causé par le pied de Syssoï sur le sol. Je lâchais un rire, mais j’essayais de garder mon sérieux tout de même, ce qui se révélait être impossible… Après avoir retraversé la salle pour nous placer aux opposés, je commençais une série de pirouettes simples puis fouettées. Les pirouettes, ça je les maîtrisais bien et pourtant je sentais le regard de l’étoile sur moi, ce qui m’ajouta une pression. Pourtant, il riait encore. Je fis alors semblant d’avoir le tournis, partant en arrière et dans tous les sens, lui laissant la place, pour montrer aux caméras qu’il maîtrisait l’exercice mieux que moi. Dans mon coin, je l’observais, fascinée par son talent monstre, que je n’atteindrais surement jamais. Je pouvais bien me l’avouer à moi-même à défaut de le lui dire. Un nouveau porté nous rejoignait, semblable à l’un des premiers, sauf que je du toucher le sol pour éviter un traumatisme, puis je me sentis poussée par l’arrière, exagérant ma réaction, pour me retourner face à Syssoï, toute sourire. La fin de la musique était proche. Je portais un sourire sur mes lèvres, n’étant plus capable de me concentrer plus que ça. Je me lançais dans les airs, soutenue par ses mains au niveau de ma taille et de l’une de mes jambes. Une fois au sol, nous entamons avec hâte une danse en synchronisation un peu plus parfaite qu’au début. Pirouettes, sauts, nous nous retournons, puis évoluons dans la salle simultanément, pour finir par refaire de nouveau le même porté, mais cette fois, je sautais presque littéralement dans ses bras, me faisant retourné par celui-ci, ce qui me chamboula un peu, ou plutôt ma personnage. Puis le final s’imposa. Là, immédiatement. Le dernier porté et pas le moindre : le deuxième qui me faisait rudement peur. J’étais censée ramasser mon sac à main devant lui, puis, Syssoï était censé me soulever avec une main à mes fesses et l’autre accrochant l’une de mes jambes. Autant dire une position délicate qui pourrait mal tourner. Je ramassais effectivement le sac à main, lançant un regard au jeune homme qui voulait simplement dire « je te fais confiance, mais ne merde surtout pas ! ». Ouai, presque un regard de panique. Ses mains se posaient aux bons endroits et je me laissais tout simplement porter. Je pris un court instant dans ma tête pour qu’il ne me lâche pas et ouvre le sac à main ne m’appartenant pas. Il y avait des affaires quelconque dedans, mais je ne m’attardais pas avec ces choses futiles ; je fis semblant d’en sortir des pétales et de les jeter au devant de moi. Je ne peux réprimer un rire, alors que je me demandais comment il pourrait me reposer à terre à présent. Je fermais les yeux un instant, me retrouvant au sol. Une fois mes deux pieds à terre, j’expulsais un soufflement de soulagement. Waouh. Depuis le temps que j’attendais de réellement danser dans ce foutu nid. Pour tout dire, j’étais bouche bée, un large sourire joyeux sur mon visage. Je me retournais vers l’étoile, accompagnée d’un rire. J’avais franchement envie de recommencer !


Désolé, c'est vraiment, vraiment, vraiment, vraiment pas terrible.
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le grand pas de deux - mercredi 22 février, 09h06

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